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Journée d'études : Le droit coutumier berbère aujourd’hui, le 07 juin 2019

31/03/2018 9:00

Journée d'études : Le droit coutumier berbère aujourd’hui

07 juin 2019

salle 5.08 : INALCO, 65, Rue des Grands Moulins, 75013 Paris

 

Les dispositions du droit coutumier berbère (azref, qanun, ittifâqat) étaient, avant la conquête française, élaborées par des assemblées (Assemblée de village, de fraction, de tribu ou de confédération). L’Assemblée, institution pan-berbère, avait pour fonctions principales non seulement l’élaboration de ce droit coutumier mais aussi le suivi de son application.

Ces codes coutumiers étaient essentiellement mais non exclusivement oraux : des régions comme le Mzab et la Haut-atlas, en raison d’une pratique de l’écriture qui remonte au Moyen-Âge, disposent de corpus écrits. Au moment de la conquête française, ce droit suscita un vif intérêt parmi les militaires, administrateurs, missionnaires et universitaires, d’où l’importance des collectes de corpus réalisées à cette époque.

Ce droit a connu un net recul devant l’administration coloniale puis celles des Etats nord-africains indépendants mais il semble n’avoir pas totalement disparu : sa réactivation, sous des formes diverses, est signalée dans les régions du Maroc (Aboulkacem 2007 : 43 et suivantes), dans le Mzab (Chikh 1979), en Kabylie (Chaker 1989). En Kabylie, par exemple, les "comités de villages", version rénovée des anciennes djemâa (Assemblées), élaborent des "règlements intérieurs" de villages et, quelques fois, des "conventions" ou des "chartes" supra-villageoises. Quelques corpus relatifs à cette région ont été analysés (Abrous 2004 et 2015 ; Assam 2014 et 2017 ; Mahé 1993, 1996, 2001).

L’objectif de cette journée d’étude est de :

  • S’interroger sur les différentes formes que revêt le droit coutumier aujourd’hui dans l’ensemble des régions berbérophones.
  • Réunir le corpus le plus exhaustif possible, pour les régions dans lesquelles ce droit a survécu et est réélaboré ; de cerner les différents axes qui se dégagent de l’analyse de ce corpus : les langues dans lesquelles sont rédigés ces corpus ;  les différents domaines de la vie sociale dans lesquels s’appliquent ces nouvelles dispositions juridiques, (économie, sécurité de l’espace villageois, médiation et gestion des conflit) ; liens avec les instances étatiques, etc....
  • S’interroger sur les conditions d’application de ces nouvelles dispositions juridiques.


La réponse à ces questions nécessite une approche interdisciplinaire : juristes, anthropologues, historiens, linguistes.


Contact : Dahbia Abrous (dahbia.abrous@inalco.fr) et Ouzna Ouaksel (ouzna.ouaksel@inalco.fr)